cher festival,
Tu n'existais pas encore il y a un an. Juste un désir, une intuition, celle de faire résonner des voix dans un lieu qui se réinvente. Par une soirée de juin, Nous avons lu Sylvain Tesson, en sa présence. Trois cents personnes sont venues. Ce soir-là, tu as commencé à exister.
Bernex. Un village, des vignes qui cèdent la place aux immeubles, et pourtant quelque chose d'obstinément vivant dans ses chemins, ses bords d'Aire, le Parc de la Mare et son silence de juin.
Au-delà des montagnes. Le thème s'est imposé naturellement. Parce que Bouvier, Schwarzenbach, Maillart, Cingria, Eberhardt, tous sont partis d'ici. De Genève, ce petit port d'attache discret d'où l'on s'élance vers le monde. Leurs lettres sont les fils qu'ils tendaient derrière eux pour ne pas se perdre, pour ne pas oublier d'où ils venaient.
Vendredi, Marthe Keller ouvrira avec Schwarzenbach. Samedi, Cingria sera lu par Jean-Luc Bideau et le soir, j'aurai la chance de lire les poèmes de Bouvier, accompagné au violoncelle par Ophélie Gaillard. Dimanche, Camille Bordet incarnera Eberhardt, entre chant et musique. Et en guise de signature, Geoffroy de Clavière et moi lirons à deux voix Bouvier et Vernet, amitié épistolaire hors du commun.
Ce que tu es, cher festival, c'est peut-être ça : la preuve que les lettres ne meurent jamais. Qu'elles attendent, patiemment, qu'une voix vive les réveille.
Bienvenue dans le monde.
Samuel Labarthe
L’affiche 2026
Pour cette première édition, l'illustration est l'œuvre de Tom Tirabosco, auteur de bande dessinée et illustrateur genevois, double lauréat du Prix Rodolphe Töpffer de la Ville de Genève, primé à Angoulême, enseignant à l'École supérieure de bande dessinée et d'illustration de Genève.
Son affiche dit l'essentiel en un geste: un homme marche, presque court, et écrit en même temps. Des lettres s'échappent dans son sillage. Sous ses pas, le paysage genevois: le lac, les cimes. La palette est sobre, bleu, rouge, beige, proche du crayon, presque du monotype. Pas de décor, pas d'anecdote. Juste le mouvement et l'écriture, inséparables. C'est exactement ce que ce festival cherche à dire.
Le lieu
Le festival se tient au Parc de la Mare, au pied du Signal de Bernex, deuxième point culminant du canton. C'est un parc de plein air, ouvert, traversé par l'eau : une mare revitalisée, des rigoles qui serpentent entre les arbres, des radeaux flottants où nichent grenouilles et libellules. Récemment réaménagé, le lieu a retrouvé une qualité écologique rare aux portes de la ville.
Bernex elle-même est en mouvement : commune viticole et vigneronne, elle compte aujourd'hui plus de onze mille habitants et continue de croître. Ce festival y prend racine comme une correspondance entre ce qu'elle a été et ce qu'elle devient.
Trois soirs de juin, le Parc de la Mare accueille des voix, des lettres, et le silence entre les deux.
(En cas de pluie, le festival se tiendra à la salle communale — Route d'Aire-La-Ville 22 à Bernex)